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Canada 18/150 : Sid Ikeda

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Promouvoir l'unité entre Canadiens d'origine japonaise

Tel que partagé avec Judy Csillag et Allie Shier

En 1895, mon grand-père quitta le Japon pour explorer de nouveaux horizons et décida de venir au Canada. C’est au cours du voyage en bateau que lui et ma grand-mère se sont rencontrés. Ils se sont établis à Westminster, en Colombie-Britannique, et ont eu huit enfants. Ma mère, quatrième enfant de la famille Nishijima, est née en 1907. Mon père quitta pour sa part le Japon dans les années 20 pour venir travailler avec son frère au Canada, où les possibilités de gagner de l’argent étaient bien plus importantes qu’au Japon. Il rencontra ma mère à la fin des années 20. Moi je suis né en 1934. Je suis le troisième garçon d’une famille de sept enfants.

S’il est vrai que le Canada était alors considéré comme une terre riche de promesses et de possibilités, la vie y était devenue difficile pour ma famille durant la Deuxième Guerre mondiale. Le bombardement de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par la flotte impériale japonaise a sonné le début de bouleversements pour les Canadiens d’origine japonaise. Comme ceux-ci étaient considérés comme une menace pour la sécurité nationale, les forces gouvernementales embarquèrent les jeunes hommes de plus de 18 ans, dont mon père, et les amenèrent dans des camps routiers. Peu après, le reste de ma famille fut obligé de tout quitter. On nous amena à l’hippodrome du parc Hastings, à Vancouver, et il nous fallut attendre que des maisons soient bâties dans un camp d’internement pour y abriter notre famille. Les Canadiens japonais ont tout perdu : leurs commerces, leurs habitations et leurs biens furent confisqués et vendus pour un prix dérisoire. Durant la guerre, 22 000 personnes furent amenées dans des camps d’internement en Colombie-Britannique et dans le nord de l’Ontario.

En 1942, on nous transféra à Tashme, un camp d’internement situé à une vingtaine de kilomètres de Hope, en Colombie-Britannique. Ce camp abritait 2 500 personnes. Nous y habitions des maisons à ossature de bois couvertes de papier goudronné; les toilettes se trouvaient à l’extérieur et, pour nous laver, nous devions tous nous rendre au bain public. À l’automne, mon père est venu nous rejoindre au camp de Tashme. C’est là qu’il est subitement décédé le 15 novembre 1943, laissant ma mère enceinte de son septième enfant. Pour moi qui étais alors un enfant dans ce camp d’internement, je voyais la vie comme une aventure, mais en réalité, tout le monde souffrait. En 1945, à la fin de la guerre, le gouvernement menaça de déporter les Canadiens japonais dans un Japon ravagé par la guerre; mais beaucoup de gens s’y opposèrent, car ils étaient nés au Canada. Le gouvernement nous donna ensuite l’option de nous installer à l’est des Rocheuses et nous déménageâmes à Toronto en 1947.

Au cours de ma première année à Toronto, je vendais des journaux à l’angle des rues Scott et Wellington à raison de trois sous la pièce. Je me souviens des pourboires que l’on me donnait pour mon honnêteté. Quand le prix du journal est passé à cinq sous, j’ai dû demander une augmentation à Pinky, mon patron. Il me l’a donnée sans hésiter, sachant que je vendais beaucoup de journaux du fait que je connaissais mes clients. Plus tard, durant mes années d’études secondaires à Central Technical High School, je lavais la vaisselle à l’hôpital Saint Michael’s tous les soirs et en fin de semaine. L’été, je travaillais dans une ferme, près de Chatham, où l’on cultivait le tabac, ainsi qu’aux halles, pour Kalles et Sharpe. Durant ma scolarité, je fis tout ce que je pouvais pour apporter un soutien à ma famille.

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PHOTOS
Sid Ikeda et sa famille | Sid Ikeda et le Consul General Koichi Kawakami | Jeune Sid Ikeda sur un cheval

En 1953, j’ai terminé mes études secondaires avec succès et obtenu mon premier emploi à temps d’aide-ingénieur. Trois ans plus tard, je suis allé travailler pour Eaton’s, où je suis resté 40 ans. D’abord employé à l’approvisionnement du charbon, j’ai peu à peu gravi les échelons pour finalement y occuper le poste de directeur national chargé de l’environnement et de l’énergie. J’ai pris des initiatives pour apprendre au personnel à avoir un comportement responsable vis-à-vis de l’environnement. J’ai pris ma retraite de Eaton’s en 1996, j’ai alors lancé l’entreprise Ikeda Consultant Company. La vision que j’avais pour l’entreprise était de poursuivre mon travail dans le domaine de l’environnement, de l’énergie et des relations publiques. Je consacre ma vie à mettre mes connaissances et compétences au service des autres et à promouvoir l’unité et le soutien mutuel dans la communauté canadienne japonaise, à élever le statut des Canadiens japonais au sein de la mosaïque multiculturelle canadienne, et à améliorer les relations entre le Canada et le Japon.

Les principaux objectifs de Sid sont d’aider à bâtir une société canadienne plus soudée et à promouvoir l’harmonie et la paix par un rassemblement des efforts. Il travaille avec le centre culturel canadien japonais (JCCC) depuis 1974 et en a assumé la présidence neuf mandats durant. En 1998, afin de s’assurer que de jeunes membres du conseil d’administration prendraient la relève à la présidence du JCCC au XXIe siècle, il est devenu ambassadeur spécial pour lancer le programme de sensibilisation destiné à amener toute la communauté à travailler de concert. Sid s’est également beaucoup mobilisé dans la célébration des cent ans de présence des Japonais au Canada. Membre fondateur de la fondation du JCCC, de la Japanese and Canadian Community Network Organization, de la Momiji Health Care Society et du Canadian Multicultural Council — Asians in Ontario, il a siégé au conseil consultatif du chef de la police métropolitaine tout au long des mandats des trois derniers chefs de police. Il dirige depuis plus de 25 ans d’innombrables activités de collecte de fonds pour des organismes caritatifs, et y participe.

Nombre de prix et de témoignages de reconnaissance lui ont été adressés au fil des ans, notamment l’ordre du soleil levant, des rayons d’or et d’argent de l’empereur du Japon, le Prix du Gouverneur général pour l’entraide, une Distinction de l’Ontario pour services bénévoles, de même que des prix décernés par le Conseil municipal de Toronto, les services de police de la ville, et la Médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II, décernée en 2012.

- Allie Shier

Visionnez « The long journey home for the Murakami family » des archives de CBC (en anglais)

Visionnez Sid Ikeda qui joue « Danny Boy » au Japanese Canadian Cultural Centre lors du 50 anniversaire

 

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Ressources de la FCRR

Célèbration du 25e anniversaire de l'Entente de redressement à l'égard des Canadiens d'origine japonaise 

The effects of racism on Japanese Canadians: Report to UN Special Rapporteur Doudou Dienne by the Japanese Canadians (en anglais seulement)

Photos historiques

La communauté japonaise au Canada - Statistics Cananada 

Books about the Japanese Canadian Redress Settlement (en anglais seulement)

Ressources

Sid Ikeda's award of the Order of the Rising Sun, Gold and Silver Ray, Consulate General of Japan in Toronto (en anglais seulement)

Japanese Internment British Columbia wages war against Japanese Canadians, CBC Learning (en anglais seulement)

Relocation to Redress: The Internment of the Japanese Canadians, CBC Archives (22 resources) (en anglais seulement)

Visionnez plus de vidéos de Sid Ikeda sur le site Web de Crestwood

Les images sont une gracieuseté de Sid Ikeda
  • Last modified
    10/03/16

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