Le racisme systémique dans le domaine de l'emploi au Canada:
analyse de la discrimination systémique dans la culture d'entreprise
La version intégrale de ce rapport de recherche n'est disponible qu'en anglais.
SOMMAIRE
Cette étude porte sur la discrimination systémique dans le domaine de l'emploi au Canada. Deux formes de discrimination ont fait l'objet de recherches : les manifestations discriminatoires préalables à l'embauchage, ou « barrières discriminatoires en matière d'égalité d'accès », et le « traitement discriminatoire » se produisant en cours d'emploi.
La recherche s'est effectuée en deux volets. Elle visait tout d'abord à comprendre et à constater par écrit les expériences vécues par les membres de différentes minorités raciales en matière de discrimination systémique dans la culture d'entreprise. Elle visait ensuite à développer des outils d'évaluation qui permettraient d'identifier cette forme de discrimination, en tant que telle ou en combinaison avec le sexisme, de façon à soutenir l'équité en matière d'emploi. Par conséquent, deux banques de données furent créées, l'une consacrée aux affaires relatives aux droits de la personne et l'autre à la transcription d'entrevues menées auprès de groupes témoins.
Pour satisfaire au premier objectif de la recherche, il fallut examiner deux sources de renseignements : les plaintes de discrimination raciale ayant été déposées entre 1980 et 1998 et portées devant les commissions fédérale et provinciales des droits de la personne, et les résultats d'une série de rencontres avec des groupes témoins d'origine asiatique, sud-asiatique, autochtone et de race noire. Ces entrevues furent effectuées séparément par groupes ethniques et animées par une personne d'origine analogue. Les groupes n'ont tenu compte que des comportements qui avaient été personnellement vécus par les participants, ou dont ces derniers avaient été témoins, ignorant de ce fait les points de vue d'autrui ou les déclarations qui leur avaient été relatées. Les renseignements recueillis comprenaient les expériences vécues à la fois par les hommes et par les femmes.
Le second objectif de l'étude, soit celui portant sur les outils d'évaluation, fut réalisé par l'entremise du matériel précédemment mentionné, à savoir les cas relevant des droits de la personne et les groupes témoins.
L'analyse des affaires relatives aux droits de la personne, liées à la discrimination raciale survenue en milieu de travail, a permis de déceler une augmentation du nombre d'affaires déposées à l'échelon fédéral entre 1980 et 1998. Les chercheurs suggèrent que cette situation peut être attribuable à une augmentation du nombre d'incidents produits, ou à une augmentation du nombre de victimes consentant à les rapporter et à porter plainte. Ils ont également découvert que, dans près de la moitié des cas, les commissions d'enquête avaient statué en faveur des plaignants, et que des sommes compensatoires pour douleurs et humiliation étaient de plus en plus fréquemment accordées. Le renvoi, le refus d'embaucher et le harcèlement constituaient les motifs des plaintes les plus courantes. De plus, la majorité des plaignants étaient des hommes occupant des emplois de col blanc. Bien que les membres des différentes minorités raciales aient subi ce type de discrimination, le nombre de plaintes portées par les employés de race noire était plus élevé, suivi par celui des personnes d'origine sud-asiatique.
Subséquemment à l'analyse des plaintes relatives aux droits de la personne et aux entrevues menées auprès des groupes témoins, l'ébauche d'un questionnaire d'enquête fut préparé en vue de cerner les comportements jugés racistes ou discriminatoires dont avaient été victimes les membres des minorités raciales. Parmi les comportements faisant obstacle à l'équité, citons : la création d'un milieu de travail froid ou hostile, la restriction du droit d'accès ou de participation aux activités professionnelles donnant lieu aux interactions sociales, ou l'introduction de préjugés influençant la prise de décision lors du processus d'évaluation du rendement, de l'octroi de promotions, d'attribution d'activités de perfectionnement, d'assignation de tâches, et de rémunération. Les expériences vécues sur le plan de la discrimination étaient différentes dans le cas des quatre groupes témoins interrogés, et dans celui des hommes et des femmes. Le questionnaire d'évaluation a fait état de cette diversité. L'outil d'évaluation était divisé en trois sections principales :
- renseignements sur la personne interrogée,
- questions portant sur différents aspects de la culture d'entreprise, notamment le comportement social informel que le répondant avait observé ou dont il avait été victime en milieu de travail, et
- les comportements ayant été jugés discriminatoires par les tribunaux et les commissions des droits de la personne.




