Canada 110/150: Patricia Bebia Mawa

Par Patricia Bebia Mawa

Enfant, je rêvais de devenir avocate. Au Nigeria, la plupart des parents veulent que leurs enfants deviennent avocats, médecins, ingénieurs ou des professionnels. C’est ce qui a amorcé mon désir de devenir avocate. Ma carrière dans les médias s’est divinement bien déroulée. C’est intéressant parce que j’ai l’impression d’être née pour faire ce métier. J’aime ce que je fais et c’est une bénédiction de pouvoir utiliser des plateformes qui inspirent et vous valorisent.

À l’université, j’avais l’habitude d’écrire et de mettre en scène des pièces de théâtre. Un jour, après avoir mis en scène une pièce, quelqu’un est venu me voir pour m’offrir d’auditionner pour animer une nouvelle émission de télévision. J’y suis allée et on m’a dit que mon audition avait été si concluante qu’on s’en servirait comme première émission. Pendant mes études universitaires en sciences politiques, j’animais l’émission durant les fins de semaine. Plus tard, on m’a offert l’occasion d’animer une autre émission et ensuite une émission-débat du nom de Lunch Date sur le réseau de télévision DBN au Lagos.

Je suis venue au Canada en 2000, dans le cadre d’un programme organisé par le réseau CBC, après quoi j’ai poursuivi mes études à l’Algonquin College of Science and Technology à Ottawa où j’ai étudié le multimédia. Alors que je vivais à Ottawa, j’ai rencontré mon mari Moses et, après mon mariage en 2002, j’ai décidé de faire du Canada mon nouveau pays. Peu de temps après, j’ai commencé à travailler avec lui à plein temps. Depuis 2002, nous travaillons tous les deux à plein temps pour son entreprise.

Notre compagnie; Silvertrust Media s’occupe de publications, de productions télévisées, de marketing et d’événements. En mars 2016, nous avons lancé Afroglobal Television, une chaîne de télévision qui diffuse 24 heures sur 24 le meilleur de l’Afrique et de la diaspora africaine. Voir prospérer les différentes plateformes médias que nous avons créées est réellement gratifiant. Dieu a vraiment été généreux. Nous publions actuellement quatre magazines réguliers, dont Planet Africa Magazine (qui porte aujourd’hui le nom d’Excellence Magazine), Destiny, Legacy et Diversity. Nous avons également publié plus de 20 magazines dans notre série Discover dont Discover Kenya, Discover Zambia et Discover Nigeria que nous avons publié pour le président Goodluck Jonathan. Nous avons produit de nombreuses émissions de télévision et de nombreux documentaires, dont un d’avant-garde pour le gouvernement ontarien lors du 200e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En grandissant, j’ai vu mes parents travailler dur et comprendre que le succès ne se présente jamais à vous, mais qu’il vient en raison de ce que vous offrez au monde. Il faut de la passion, de la persévérance et beaucoup de sueur. Lorsque j’étais enfant, on me harcelait constamment. À un tel point que, quelquefois, j’ai pensé en finir pour de bon. Un jour, mon professeur nous a donné un devoir à faire et je l’ai bien réussi. Le professeur m’a demandé d’expliquer aux autres comment j’avais trouvé la solution. J’ai remarqué alors que certains des élèves qui me harcelaient voulaient devenir mes amis. Cela m’a incitée à travailler plus fort et à devenir première de classe. Je me suis habituée à donner le meilleur de moi-même. Lorsque CNN International a produit un documentaire d’une demi-heure sur mon mari et moi. Ils m’ont demandé : « Qu’est-ce que le succès ? », j’ai répondu : le succès, ce n’est pas de faire une seule grande chose, mais d’en faire suffisamment de petites très bien. Je recherche constamment l’excellence.

Je suis fière d’être Canadienne. Je me souviens de mon arrivée au Canada. Je me trouvais à Halifax pour la conférence Input 2000 organisée par le réseau de télévision CBC. Une Canadienne blanche a appris que je payais si cher pour mon hébergement à l’hôtel qu’elle m’a offert gratuitement l’hospitalité chez elle. Elle se levait très tôt pour me préparer un petit-déjeuner. C’est ça le Canada que j’aime. Le Canada m’a donné l’occasion de poursuivre mes rêves et de ne pas me freiner en raison de la couleur de ma peau. Mes quatre enfants canadiens peuvent devenir ce qu’ils désirent et savent qu’ils font partie de la grande mosaïque culturelle canadienne. Alors que le racisme perdure sous de nombreuses formes, la beauté de ce pays réside dans le fait que les gens qui l’habitent et qui viennent de partout dans le monde sont libres d’atteindre leur plein potentiel. Je dis toujours que le Canada est un pays froid peuplé d’habitants au cœur chaleureux.

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